Mardi 27 octobre 2009

Notre journée de formation organisée le 21 octobre au Collège Lafayette de Rochefort (17) a réuni à nouveau cette année un public fidèle et concerné par la pérennisation d'une mémoire régionale toujours vivante. Une mémoire régionale mise en perspective avec les évènements nationaux et internationaux de cette période tragique.

Aprés l'accueil convivial des participants, nos travaux démarrent par l'intervention de Mr James Pitaud, historien passionné d'histoire locale. Celui-ci dans son exposé décrit pour le secteur de Jonzac une forte solidarité de la population envers les familles juives, en particulier les réfugiés, et donc puiqu'il s'agit du thème de notre journée, l'existence de nombreux cas d'enfants cachés. Dés 1939, cette hopitalité s'était manifestée auprès des Républicains espagnols originaires du Pays Basque. Aprés l'étude des différents cas connus, même si plusieurs resteront définitivement ignorés, Mr Pitaud décrit le décalage flagrant entre l'hospitalité vérifiée d'une immense partie de la population de ce secteur géographique et le comportement d'une administration soumise et désireuse de voir appliquer des directives nauséabondes. Celles-ci malheureusement faciliteront la tâche le moment venu des autorités de Vichy et de la Gestapo. Il est important  de préciser que certaines mairies rechignèrent à s'impliquer dans ces missions, et l'on retrouve facilement la preuve de rappels à l'ordre menaçants, exigeant de plusieurs maires la liste des familles juives de leur canton.
Pour la période mai/juin 1940, Mr Pitaud estime que 73 personnes juives ont été accueillies à Jonzac et ses environs, originaires de l'Est de la France, pour la plupart enfants de parents immigrés juste aprés la 1ère guerre mondiale depuis la Hongrie, la Pologne, la Tchécoslovaquie...

Les familles impliquées dans l'aide et l'accueil des réfugiés étaient d'autant plus méritoires que sur le secteur de Jonzac, les services de répression étaient particulièrement efficaces. D'ailleurs ne trouvait-on pas dans le trés officiel inventaire des "meilleurs collaborateurs" le nom du sous préfet de Jonzac ! Malgré tout, la population ne se recroquevilla nullement. Et même si de nombreux acteurs demeurent anonymes, il est notable que sur 6 Justes devant les Nations répertoriés en Charente Maritime, 5 se trouvent dans l'arrondissement de Jonzac.

Mr Pitaud évoque ensuite le destin de plusieurs familles, comme les familles Rosenzweig, Suslenski, Kirschenbaum ou Melchior. Il s'attarde en particulier sur le cas de Michel Slitinski qui parvint à s'échapper par les toits dans la nuit du 19 au 20 octobre 1942 lorsque les policiers français vinrent arrêter sa famille. Michel, alors déclaré hors la loi, se réfugia en Charente maritime, dans une ferme proche de Montendre, où il put se cacher quelques temps, employé comme ouvrier agricole. Il était alors âgé de 17 ans. L'histoire de Michel Slitinski et de sa famille est devenue symbolique dans le sens où le combat que Michel Slitinski mit en lumière la responsabilité d'un des plus hauts "dignitaires" de la République, ceci afin que justice soit rendue. Son nom: Maurice Papon.

Comme toujours et tant que les évènements nous le permettront, cette journée a permis de donner la parole aux témoins. Avec beaucoup d'humilité, ils ont évoqué longuement leurs trajectoires singulières, parfois trés douloureuses, certains ayant vu disparaître leur famille,  pour d'autres campagnardes et insouciantes, mais aussi pour d'autres placées sous le signe de la rigueur et de la peur. L'auditoire face à ces vies d'enfants cachés put saisir la difficulté d'exister avec d'aussi profondes blessures que celle par exemple de ne se rappeler du regard de ses parents qu'à travers des photographies de famille sauvées in extremis à la sortie de la guerre. Il put également mesurer les risques encourus lorsque enfant, on doit sans cesse mentir au sujet de ses proches, changer d'identité et souvent cacher ses origines. Le retour sur les lieux de l'enfance à la fin des hostilités, ces lieux remplis des bonheurs et des souvenirs familiaux ne fut guère moins douloureux, alors que d'autres combats démarraient, pour récupérer par exemple les biens accaparés par les voisins sans vergogne à l'instant même de leur arrestation. L'auditoire enfin mesura avec émotion et respect, l'altruisme sans mesure de ceux qui cachèrent ces enfants, au risque comme ce fut le cas pour des "protecteurs" de Monique Georges, de se voir arrêtés puis déportés dans les camps. A côté de ces enfants sauvés, l'assemblée eut la chance d'entendre le témoignage humble de Mme Voisin, Juste parmi les Nations, résistante de la première heure, si déterminée à nous rappeler que ce qu'elle avait fait sous l'occupation ne lui donnait en aucun cas le droit d'être qualifiée de héros !...


Nos témoins étaient les suivants: Madame Voisin, Juste parmi les Nations, Mme Durand, enfant juive cachée en Béarn dans plusieurs institutions catholiques, Mr et Mme Wilkowski, enfants juifs cachés tous les deux, (Mr Wilkowski étant par ailleurs membre du bureau national de l'AFMD), et donc Mme Monique Georges, venue témoigner à la fois en tant qu'enfant caché (menacée et recherchée en tant que fille de résistant), mais également en tant qu'auteur de l'ouvrage "Le Colonel Fabien était mon père". Vous trouverez ci dessous la reproduction de l'article de presse consacré à cette venue parmi nous.


Mme Monique Georges a participé à une séance de dédicaces conviviale au bénéfice du public intéressé par son ouvrage.


En conclusion de cette journée, Serge Chupin, membre du Bureau national des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et trésorier de la délégation de Charente Maritime prit la parole pour se féliciter de la qualité de ces rencontres annuelles, tout en remerciant de leur présence l'ensemble des témoins. Enfin il rappela à tous la nécessité de soutenir l'AFMD 17 par le biais de l'adhésion afin que les actions engagées par celles-ci, telle cette journée de formation, puissent être poursuivies à l'avenir.


Par afmd 17 - Publié dans : transmission de la mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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Mardi 2 juin 2009

Une journée au Centre Régional « Résistance et Liberté »

 
Deux classes  de troisième du collège Jean Monnet de Saint Agnant en Charente Maritime, les 3èmA et les 3èmeD, accompagnés de leurs professeurs d’Histoire,  Mr Bihel et Mme Le Huérou ainsi que de Mme Perrin, l’infirmière scolaire,  ont pu passer une journée au CRRL grâce à une subvention de l’AFMD 17, ce qui  a pu faire baisser le coût de la journée de façon importante. Voici ce que les élèves de 3ème A ont voulu transmettre :



" Le mardi 31 mars,  notre classe de 3ème A a pris le bus en direction du CCRL de Thouars.

 

Nous avons débuté notre visite par l’étude d’un film de propagande nazie, « le péril juif » tourné dans les ghettos de Pologne. Après le film et le travail d’analyse de l’image, ce fut la pause pique-nique.

De retour au centre, nous avons poursuivi notre travail dans la salle d’exposition, sur le thème « Résistance et collaboration » à l’aide de panneaux et de documents vidéo. Cette recherche fut suivie d’un atelier d’étude de journaux de propagande à travers des magazines comme « Signal » sur les jeunesses hitlériennes.

Après cette journée bien remplie, nous sommes repartis pour St Agnant.

Toute la classe de 3ème A remercie l’AFMD de lui avoir permis de participer à cette journée ".

Lien avec le CRRL: www.crrl.com.fr

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Dimanche 19 avril 2009
Par afmd 17 - Publié dans : Commémoration - Communauté : Passeurs de mémoire
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Lundi 30 mars 2009

 Dominique Le Huérou , professeur d’histoire au collège de Saint Agnant, et adhérente de l'AFMD 17, nous fait partager sa visite au Camp d'Auschwitz Birkenau.

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Organisé par le pôle civique de l’académie de Poitiers  et le Mémorial de la Shoah de Paris, j’ai eu le privilège, en tant que professeur d’histoire, de participer à un voyage d’étude en Pologne, dont le thème était l’enseignement de la Shoah. Comment en effet enseigner ce qu’elle fut ? Il me fallait aller sur les lieux, c’était une évidence.

Le voyage avait été précédé d’une série de conférences au Mémorial, dont entre autres celle de Georges Bensoussan. Nous avons aussi entendu le témoignage d’Ida Grinspan, une rescapée d’Auschwitz Birkenau où elle avait été déportée à 14 ans, en janvier 1944. Elle nous a décrit surtout ce qui lui a permis de survivre, la solidarité entre femmes, le hasard de la sélection, les commandos plus ou moins difficiles ou surtout humiliants pour casser le moral des détenues, la marche de la mort où elle ne s’est nourrie que de neige, la neige aussi qui l’a sauvée quand on les a entassées dans des wagons à ciel ouvert. La neige se boit...


En cette matinée du 7 mars 2009, l’esprit imprégné de ce récit, nous avons suivi, derrière notre guide polonaise, les pas d’Ida à Auschwitz Birkenau. Que dire du camp ? Le ciel nous écrasait de son humidité, et la neige fondue nous faisait patauger dans la boue. C’était d’abord l’immensité, rythmée par les fils de fer barbelés et les miradors, un camp qui s’est construit de façon progressive, de façon empirique. Les blocks d’Auschwitz I, d’anciennes casernes en briques rouges, paraissaient luxueuses en comparaison des baraques de Birkenau, réparties elles-mêmes en plusieurs divisions. Le camp du Mexique, baraques sans toit. Le camp des Tziganes avec un sol en terre battue. Le froid et le typhus y faisaient le tri rapidement. Le camp des hommes dont il ne subsiste que le squelette des cheminées, les planches ayant été emportées depuis longtemps.


Le camp des femmes d’Ida était constitué de baraques alignées,  semblables à des granges, avec à l’intérieur, des châlits de planches toujours intacts. En dessous, les femmes en fin de vie couchaient directement sur le sol.
Le bâtiment des latrines, deux alignements de trous dans le ciment, où des dizaines de femmes devaient se vider ensemble sous les cris de Kapos ! Ida nous disait que le commando le plus dur ne peut dépasser la souffrance de cette humiliation collective.    
    
Cachés au bout du camp, bien séparés du reste de l’ensemble, dans un petit bois de bouleaux, ce que les Nazis ont tenté de faire disparaître en les faisant sauter, les restes des  chambres à gaz et des fours crématoires appelés Bunkers,  où les détenus du Sonderkommando devaient « traiter les corps », en extraire avant la crémation tout ce qui pouvait enrichir le Reich : cheveux, dents en or…. Shlomo Venezia, présent sur le site ce jour là, un survivant du Sonderkommando, nous a expliqué qu’il a échappé à la mort grâce à ses compétences pour couper les cheveux, car à partir de 1944,  les convois se sont accélérés et l’arrivée des juifs de Hongrie avait nécessité une main d’œuvre efficace.

    
Des étendues marécageuses avec des stèles désignaient l’emplacement où les cendres étaient répandues. Un étang même a presque été comblé avec celles-ci.

      
« La dernière photo », devant les ruines des chambres à gaz, montrait un groupe de femmes et d’enfants dans le bois, épuisés mais presque paisibles, ignorant leur sort immédiat... La sélection, opérée par des nazis sur la rampe d’arrivée  du train, envoyait ceux qui ne pouvaient pas être utiles dans ces centres de mise à mort, femmes, enfants, vieillards.


Les membres du SonderKommando ont résisté. Ils ont réussi à faire des photos clandestines de ce qu’ils vivaient. Ils ont même réussi à obtenir du matériel pour faire sauter les crématoires, tentative punie par la mort. Les autres, comme Ida, qui pouvaient travailler, étaient transformés en quelques heures en « stücke », des pièces, déshumanisées, rasées, numérotées. Là encore, la connaissance de l’allemand pour les longs appels sauvait une vie...Un appel a duré 19 heures à Auschwitz I, après une évasion de l’usine...


L’après-midi, nous avons découvert Auschwitz I,  des blocks transformés en musée avec, soigneusement triés dans des vitrines, les objets laissés par les déportés qui étaient stockés dans le « Kanada » . Que ressentir devant un rouleau de tissu fabriqué avec des cheveux, ou face à une masse de paires de lunettes, de chaussures ? Tout était soigneusement récupéré, trié par catégorie, et envoyé en Allemagne.
Le camp était une véritable ville, avec sa prison, sa cour d’exécution, son orchestre, son infirmerie....


Vers dix-sept heures, la nuit commençait déjà à tomber, ainsi que la neige. Nous avons quitté les lieux, glacés,  sans voix.

 

Bibliographie :

Grinspan Ida, J’ai pas pleuré, Presses -Pocket 2003

Par Le Huérou D. - Publié dans : transmission de la mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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Lundi 23 mars 2009
Voici le teneur du message que nous avons adressé à la direction de l'espace Encan pour protester contre le maintien à La Rochelle du spectacle "J'ai fait l'con" du soit disant humoriste Dieudonné.

" Madame, Monsieur,
Nous apprenons que vous envisagez de recevoir dans vos locaux l'artiste Dieudonné qui a promu dans un spectacle précédent le négationniste plusieurs fois condamné Faurisson.
Nous ne pensons pas qu'il est légitime de vouloir faire rire aux dépens de la mémoire de personnes assassinées, à fortiori quand il s'agit de victimes de la Déportation. Pensez à l'injure que cela représenterait pour les  familles de ces 156 000 français déportés parce que juifs ou résistants. Une tragédie aussi immense ne mérite pas d'être réduite à un argument de cabaret.
Dieudonné et Faurisson partagent probablement le même antisémistisme. Leur accorder une scène revient sous couvert d'humour à leur offrir une tribune. La ville de La Rochelle s'honorerait en s'y opposant. Elle resterait ainsi fidèle à l'hommage qu'elle rend aux Déportés par ses rues et ses places, au soutien qu'elle accorde au travail de Mémoire.
Nous espérons que vous saurez  trouver les mots justes pour revenir sur cette programmation qui va à l'encontre des valeurs de la République et des droits de l'Homme.
Ce message aimerait vous en convaincre.
 
Pour l'AFMD 17 "

Nous engageons bien entendu tous ceux qui partagent notre avis à adresser un message dans ce sens à l'adresse email de ce lieu de spectacle:  info@larochellecongres.com
Par afmd 17 - Publié dans : Lutte contre le négationnisme - Communauté : Passeurs de mémoire
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Qui sommes-nous ?

  • : 22/12/2008
  • : L’AFMD a pour mission d’agir pour assurer la pérennité, l’enrichissement et la transmission de la mémoire de la Déportation et de l’Internement, dans le respect plein et entier des buts de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
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Profil

Notre délégation

AFMD 17

6 rue de la République
17430 Saint Hippolyte

notre messagerie:
relaismemoire.17@orange.fr

Au CRRL de Thouars (79)


"Berlin, le mur de la honte" - Expositions, conférences et projections cinématographiques.
Du 5 novembre au 4 décembre 2009.
Lien utile:  http://www.crrl.com.fr/actualite/actua.htm

CNRD 2009-2010

 Pour accéder au dossier pédagogique préparé par les Fondations concernant le Concours National de la Résistance et de la Déportation, cliquez sur le lien suivant: http://www.afmd.asso.fr/IMG/pdf/brochure_pdagogique_cnrd_2010.pdf

Sur notre calendrier...

- Le 21 octobre 2009Journée de formation organisée à Rochefort  par l'AFMD 17 sur les thème suivants: Les enfants cachés et qui était le Colonel Fabien(doc. d'inscription Vous êtes invité-e à notre 8ème journée de formation-information. Inscrivez-vous ci-dessous )

- Séminaires MEMOIRE session 2009-2010
La Fondation pour la mémoire de la Déportation organise 3 sessions en 2009-2010. Pour connaître les dates de ces colloques, les programmes ainsi que les modalités d'inscription, utilisez le lien suivant: http://www.afmd.asso.fr/SEMINAIRE-MEMOIRE-JUIN-2009.html

Signes distinctifs


Tableau récapitulant l'ensemble des signes distinctifs portés par les déportés dans les camps nazis.

Zoom sur...

Les plaques commémoratives, sources de mémoire. 

La mémoire du passé est bien souvent gravée sur une plaque apposée sur un mur, sur un monument érigé sur un lieu, à l'orée d'un bois, voir même au milieu d'un champ où flottent nos trois couleurs. A l'origine d'une telle plaque, souvent l'acte héroïque d'un résistant qui combattait l'ennemi pour notre Liberté, ou le  lieu d'un massacre perpétré par vengeance par l'occupant. François TANNIOU est à l'origine de ce site avec une équipe de chercheurs. Depuis 2004, les bénévoles contribuent à l'inventaire des plaques commémoratives de la Résistance en essayant de créer pour chaque nom une notice biographique. Pour ne pas les OUBLIER. Aujourd'hui plus de 7000 pages ont été rédigées. Quant à la région Poitou-Charente, elle regroupe plus de 1800 noms. Qui au cours d'une promenade n'a pas eu l'attention attirée par un nom ? Qui est cette personne ? En un simple clic, une réponse: www.plaques-commemoratives.org 
         
Contact:  Jean-jacques Guilloteau
05 46 55 35 00
Courriel:  jeanjacques.guilloteau@orange.fr

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