Partager l'article ! Actualité cinématographique: "LIBERTE" de Tony Gatlif: Le 24 février 2010, s'est déroulée dans la grande salle de La Coursive à La Rochelle ...
Les Amis de la
Fondation pour la Mémoire de la Déportation
en Charente Maritime
AFMD 17
Qui ne répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime sinon l'obstination du témoignage. (Albert Camus)
Le 24 février 2010, s'est déroulée dans la grande salle de La Coursive à La Rochelle, la présentation du dernier film de Tony Gatlif, "Liberté". Cette présentation n'a pu se faire en
présence du réalisateur, retenu à Paris pour préparer la cérémonie des Césars, mais nous avons eu l'honneur d'écouter Iljir Selimoski, acteur, et Henriette Asséo, professeur à l'Ecole des Hautes
Etudes en Sciences Sociales (EHESS). La soirée a démarré bien entendu par la projection du film.
Tony Gatlif a choisi de
réaliser un film français, croisant la trajectoire d'une résistante ayant réellement existé, avec celle d'une famille de bohémiens, victime de lois françaises trés rapidement édictées et aussi
strictement appliquées. Ces deux parcours finissent par se croiser dans un village situé en zone occupée, village dans lequel vont s'exprimer l'intolérance et la répression, mais également la
solidarité et l'humanisme par la prise de position du maire Théodore (interprété par Marc Lavoine), et le sacrifice de l'institutrice Mlle Lundi (jouée par Marie-Josée Croze), finalement
déportée pour sa fidélité aux valeurs républicaines.
Iljir Selimoski a tout d'abord décrit la passion débordante de Tony Gatlif dans ce nouveau projet. Il lui fallut acquérir des bases solides en langue rom, tout simplement parce que Tony Gatlif
exigeait que les acteurs improvisent....en rom ! Une véritable aventure humaine tant la plongée dans cet univers inconnu imposait à chacun de se donner à fond. Car en effet, comme le confirma Mme
Asséo, il n'y a que trop peu de données pour construire un film complet sur un témoignage existant. Il faut noter qu'une partie tout de même de la troupe est réellement manouche, ce qui a permis
une osmose totale de l'équipe. Au final, une fiction construite autour de faits réels, comme une descente dans un "trou noir" de notre histoire, telle une ré-appropriation d'une partie de
notre mémoire nationale.
Plusieurs idées fortes ont dominé l'intervention de Mme Asséo. Tout d'abord elle a relevé le fait que les premières décisions concernant les bohémiens sont apparues sous la Troisième République,
sous la forme d'un décret-loi daté du 6 avril 1940, avant même que les armées allemandes n'envahissent le territoire français. Cet ordre se combinera avec les directives orales allemandes en
Octobre 1940, aboutissant à l'internement des familles précédemment assignées à résidence. On estime entre 6000 et 6500, le nombre de personnes internées en famille dans les 30 camps pour nomades
situé sur le territoire. Ces camps étaient surveillés par des gendarmes, sous la direction des préfectures. Plusieurs questions se posent: comment a-t-on pu penser que cette mission
d'internement soit apparue si urgente alors que la France était en pleine débacle ? Pourquoi subitement, ce furent les "voisins", que chacun connaissait bien, que l'on désigna et que
l'on interna ? Pourquoi ce "glissement", cette "guerre contre des civils", qui n'étaient rien d'autres que des familles, des femmes, des hommes et des enfants dont on voulait faire disparaître
jusqu'au nom, ce qui signifiait l'abolition de leur histoire ? Mme Asséo appuie sur le fait que c'est à ce moment-là que la photographie anthropométrique rentre en vigueur, destinée à
traverser le temps jusqu'à nous, sans que nous n'en ayons vraiment pris conscience. Déjà une toile d'araignée qui se referme sur nous, nous fiche, nous enregistre, et à laquelle désormais nous ne
pourrons plus échapper.
Enfin Mme Asséo met en avant le véritable sens de ce film. Elle utilise les termes de ré-appropriation, et de réhabilitation de cette mémoire occultée par tous les livres d'histoire. Elle met
cette idée en perspective avec les évènements d'aujourd'hui, et y voit un rappel à l'ordre, une mise en garde. "Nous participons tous à une histoire européenne, à l'intérieur de laquelle, nous
faisons vivre un terreau commun, celui du "pouvoir vivre ensemble". Dans les évènements décrits dans "Liberté", nous assistons au dévoiement de cette culture ancestrale. Si nous
reproduisions les mêmes comportements, nous pourrions courir à notre propre perte en mettant au banc de nos consciences, la profondeur historique de notre pays.
A.F.M.D. 17
6, rue de la République
17430 SAINT HIPPOLYTE
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relaismemoire.17@orange.fr
La résistance en Charente Maritime
Ce cédérom est l'aboutissement d'un travail pluridisciplinaire, né de la volonté d'anciens résistants, de leurs familles, d'historiens, de témoins de décrire ce que
fut la Résistance de 1940 à 1945 dans ce département. Elaboré par la Fédération de la Résistance de Charente Maritime et réalisé dans le cadre d'une opération nationale conduite par l'AERI, il
constitue une banque de données majeures ainsi qu'un outil de référence pour découvrir et comprendre cette page essentielle de l'histoire départementale.

Ce cédérom
sera mis en vente au prix de 20 euros. Le prix de souscription est de 17 euros. Renseignements auprès de la Fédération de la Résistance de Charente Maritime et de
l'AFMD 17.
Imprimeurs clandestins 1940 - 1944
Photographies de Robert Doisneau
Du 8 novembre 2010 au 26 février 2011.
Lien: http://www.crrl.com.fr/actualite/actua.htm
- Séminaires MEMOIRE session 2009-2010
La Fondation pour la mémoire de la Déportation organise 3 sessions en 2009-2010. Pour connaître les dates de ces colloques, les programmes ainsi que les modalités d'inscription, utilisez le lien
suivant: http://www.afmd.asso.fr/SEMINAIRE-MEMOIRE-JUIN-2009.html
- Journée de formation annuelle de l'AFMD 17 - Thème général: De la résistance à la déportation en Charente Maritime - Le 17 novembre 2010 au Collège Lafayette de Rochefort (17)
Pour accéder au dossier
pédagogique préparé par les Fondations concernant le Concours National de la Résistance et de la Déportation, cliquez sur le lien suivant: http://www.fondationresistance.org/documents/cnrd/Doc00122.pdf
Une pierre à l'histoire de la déportation en Charente-Maritime
Mémoire de la déportation : à une époque pas si lointaine (1844) les Charentais-Maritimes organisaient, en toute légalité, avec l'approbation des autorités civiles et religieuses, la déportation d'enfants dans la colonie française d'Algérie.
Cette filière de déportation avait pour but de régler, par des moyens musclés, le problème des banlieues (déjà). Elle comportait, en Charente-Maritime, deux bagnes d'enfants, appelés "colonies agricoles", l'un à Notre-Dame de la Vallade à Rétaud, près de Saintes, et l'autre à Ronce-les-Bains. Ces deux établissement fournissaient, après "redressement", de la main-d'œuvre jeune, pas chère et redevenue docile aux colons français d'Algérie.
L'organisateur saintongeais de cette déportation était Jean-Charles-Marc-Louis comte de Luc, qui s'était attribué le pseudo de "Frère de Luc".
Nous publierons très probablement sur le site Histoire Passion http://www.histoirepassion.eu une étude très détaillée sur ces bagnes charentais-maritime.
Sources :
- Les Enfants du bagne - Marie Rouanet (Payot 1992)
- sources diverses
Cordialement